L'aquarelle urbaine
C’est Delphine Priollaud qui guide !

Delphine Priollaud dans le carnet de voyage, c’est un peu comme Ducasse en cuisine. La crème de la crème. Alors quand elle a accepté d’animer un atelier en ligne avec Le PAON, on a sauté de joie ! Et on a même poussé le bouchon, en lui demandant de répondre à quelques-unes de nos questions indiscrètes…
Le PAON : Hello Delphine ! Merci d’avoir accepté notre interview. Est-ce que tu peux te présenter et nous présenter ton parcours ?
Delphine : J’ai commencé par des études d’architecte, mais plutôt que d’exercer ce métier, j’ai tout de suite ouvert mon atelier pour enseigner et donner des cours de dessin. Assez rapidement, j’ai expérimenté le carnet de voyage et j’ai proposé des stages. D’abord en France puis à l’étranger, de plus en plus loin. C’est devenu ma spécialité ! Je fais aussi de la formation professionnelle, et je suis moi-même artiste, avec toujours le carnet de voyage en fil rouge. D’ailleurs, je me définis comme “peintre de plein air” car je travaille in situ, sur des petits ou des grands formats. J’adore la prise de risque que procure le travail sur le vif. Je suis comme un funambule sur un fil, sauf que mon fil, c’est la ligne.
Où puises-tu ton inspiration ?
Tout ce qui vit, tout ce qui vibre ! Avant, c’était surtout la ville, dans toutes ses dimensions : l’architecture, les flux, les voitures, les citadins. Mais de plus en plus, je suis attirée par la nature. Mais la nature en mouvement : les vagues, le soleil, la lumière qui se couche, le ciel qui change. Cela me permet d’explorer des gestuelles particulières en aquarelle.
As-tu des paysages de prédilection pour tes carnets de voyage à l’aquarelle ?
J’aime particulièrement les villes d’Asie, elles correspondent à mon énergie graphique. Mon dernier voyage en Asie c’était à Taiwan, juste avant le confinement, et ça a été une vraie rencontre : j’y ai trouvé l’équilibre parfait entre les parfums de l’Asie du Sud Est, le raffinement du Japon, avec une petite touche de New York à certains endroits ! J’arrive à trouver ma place en Asie, en me sentant enveloppée sans être étouffée.
J’aime aussi la Méditerranée, pour ses couleurs, sa lumière et son raffinement – même si c’est un peu trash parfois… J’aime les chaos, les éléments qui bougent, les rochers dans tous les sens, le bazar urbain.
En tout cas, je ne suis pas une fille du froid et du Nord, ça c’est sûr !

Comment conçois-tu ta créativité ?
Pour moi, c’est une manière de penser le monde, de l’envisager et de le dévisager. Je l’exerce dans mon observation, je reçois sans juger. Je ne suis pas juste dans l’imitation ou dans la recherche d’un résultat esthétique. La créativité, c’est raconter une histoire, avoir une interprétation personnelle, rechercher le sens. Si je ne trouve pas de sens, je ne crée rien.
Tu as créé un atelier à Chelles – l’Atelier de la Salamandre – en 1998, et tu animes des stages de carnet de voyage depuis des années… Qu’est-ce que tu aimes particulièrement dans la transmission ?
J’ai pris mes premiers cours de dessin à 3 ans. C’est mon moyen d’expression à moi, avec le texte. C’est ma manière d’être au monde. Je n’ai pas choisi, c’est comme ça. Et transmette cela, c’est le seul moyen que j’ai trouvé d’être avec les autres. J’ai le syndrôme d’Asperger, et l’enseignement a été salvateur pour moi car j’y ai trouvé ma place. Je suis bien quand j’enseigne.
En plus de ma transmission à titre individuel, je fais aussi partie du collectif Urban Sketchers Paris et on intervient pour des projets sociaux, notamment à la prison de la Santé, de manière collective.
Tu animes bientôt un cours d’aquarelle urbaine avec nous en ligne, et comme tu le sais, les ateliers du PAON sont ouverts à tous les niveaux ! As-tu des conseils pour toutes les personnes qui n’osent pas se lancer ?
Etre dans l’instant présent. La pratique du dessin, c’est l’art de la conjugaison : on dessine au présent, sans penser au futur, en acceptant d’être imparfait.
Retrouvez l’atelier de Delphine Priollaud, ‘Aquarelle urbaine’, en live et en replay sur www.le-paon.com !