Art Thinking ou comment (re)devenir créatif
La méthode Alice V.
Si vous tapez sur nom sur Google, vous trouverez beaucoup d’homonymes. Et même si Alice Vasseur a eu mille vies, Alice est unique. D’abord, parce qu’elle a travaillé dans la production cinématographique puis le Design Thinking avant de tout plaquer pour devenir artiste plasticienne à plein temps. Ensuite, parce que de son ancienne vie, elle en a tiré le meilleur pour concevoir des ateliers d’Art Thinking, qu’elle anime avec nous pour booster la créativité des équipes en entreprise. Si vous vous dites “mais qu’est-ce que c’est que ce charabia ?!”, suivez-nous, on va vous expliquer…
Le PAON : Alice, commençons par le commencement, et dis nous quel a été ton parcours après le Bac ?
Alice Vasseur : Après un parcours classique – école de commerce pour “s’ouvrir toutes les portes” comme on dit – j’ai commencé ma jeune carrière dans la production cinématographique. J’avais le sentiment d’être le “bad cop” des projets de films et je me suis rapidement retrouvée bloquée dans un quotidien trop peu créatif. Je me suis alors demandée ce qui pouvait allier au mieux ma créativité et ma formation, et je me suis dirigée vers l’innovation et en particulier le Design Thinking.
Peux-tu nous expliquer ce qu’est le Design Thinking ?
Le Design Thinking c’est une approche centrée sur l’humain, inspirée de la démarche des designers pour résoudre un problème et innover, en cherchant à maintenir un équilibre entre les attentes des utilisateurs, les enjeux business, et la faisabilité technique. C’est dans les années 90 que les méthodes des designers sont transposées au business et qu’apparaît véritablement le terme “design thinking”. Depuis une quinzaine d’années, la méthode est popularisée, notamment par des designers comme Tim Brown d’IDEO. Quelques exemples de méthodes et outils : la recherche utilisateur, l’alternance de phases de divergence et de convergence, le prototypage… structurés dans une approche globale en plusieurs étapes, que l’on peut appliquer à chaque projet d’innovation.
En parallèle de ton métier, est-ce que tu avais déjà une pratique artistique développée ?
Depuis le lycée, je faisais du dessin et de la peinture. J’ai suivi beaucoup de cours, et je voyais cela comme un loisir. Ma famille était très ouverte sur la culture, on allait tout le temps au musée, voir des expositions. Cela faisait partie de la culture familiale, sans que cela soit vu comme un métier.
Alice dans son atelier
Petit à petit, tu es passée “artiste à mi-temps” puis “artiste à plein temps”… Quel a été le déclencheur ?
A un moment, j’ai ressenti que j’avais envie de montrer mes réalisations. Et cela donne une autre dimension à ton travail quand tu le montres ! Tu passes d’une pratique solitaire et introspective à l’exposition au public, et aux premières ventes. De fil en aiguille, mes expositions m’ont fait prendre conscience qu’au-delà du sens que ma pratique avait pour moi, elle trouvait un écho chez d’autres personnes. Et cette rencontre est magique. Je suis alors passée à temps partiel pour passer plus de temps à peindre. Au bout de 2 ans, j’ai pris conscience que je devais m’y dédier à 100%. Il fallait se donner la possibilité de le faire.
Qu’est ce que ton ancienne vie de consultante en Design Thinking t’apporte dans ta nouvelle vie d’artiste ?
Plusieurs choses ! D’abord, la curiosité. Le fait d’être passée par une autre activité avant, j’observe le monde de l’art avec une certaine curiosité et un étonnement positif. Ensuite, être passée par une prépa, une école de commerce puis une formation en cabinet de conseil, fait de moi quelqu’un de très organisée et structurée, ce qui est un avantage dans ma pratique artistique. Et enfin, je ré-insuffle – parfois inconsciemment – dans ma production artistique des méthodes de design et d’innovation. Par exemple, l’itération et le prototypage : lorsque je crée des monotypes, je dois travailler assez vite car il faut imprimer avant qu’il soit sec. Je fais plusieurs monotypes à partir d’une idée jusqu’à ce que je sois satisfaite, un peu comme des prototypes !
Alice dans son atelier
Comment t’est venue l’idée de mettre au point une méthode d’Art Thinking ?
Tout d’abord, c’est un concept qui existe déjà, mais que j’ai remanié à ma sauce car il me semblait intéressant de mixer mon expérience en Design Thinking et mon travail d’artiste. D’autant plus que les parallèles étaient forts, car je travaillais déjà sur des processus créatifs appliqués à l’entreprise. Qu’est ce que mon nouveau regard d’artiste pouvait apporter à cela ?
Peux-tu nous en dire un peu plus sur cette méthode et à qui elle s’adresse ?
L’Art Thinking est une méthode qui s’inspire de la démarche artistique pour trouver des solutions et innover. On s’attaque à la créativité au sens large, au sens de “créer des idées neuves”. Elle s’adresse à des équipes qui souhaitent ajouter cette brique à leurs compétences. Pour avoir travaillé pour des grands groupes (Sephora, Orange, Accor…), j’ai compris à quel point la capacité créative était clé pour rester compétitif. Et la créativité, c’est un muscle à travailler !
Concrètement, comment s’articule cette méthode ?
Selon les artistes, les pratiques et les courants, les processus de création sont différents, et se construisent même parfois en opposition aux autres. Malgré ces divergences, je crois vraiment que les artistes ont en commun une manière différente de penser et de travailler. Alors à partir de la pratique d’artistes contemporains, de théoriciens et de ma propre pratique, j’ai essayé d’identifier un processus créatif commun qui sert de base pour notre méthode :
- Trouver des idées : être disponible à tout moment pour les accueillir
- Explorer : rechercher, questionner l’existant, travailler et retravailler
- Défier l’imprévu : trouver des solutions à un obstacle inattendu ou provoqué
- Montrer : se confronter à un public
Peux-tu nous donner un exemple d’atelier d’Art Thinking ?
Je pourrais parler des processus de création des artistes pendant des heures ! Mais l’objectif de notre démarche est d’offrir une introduction simple, ludique et accessible à tous, novice comme connaisseur, en un format court de 2h.
Chaque atelier part d’une thématique. Par exemple, j’ai construit un atelier autour du surréalisme et de ses héritiers. Parce que c’est un mouvement qui est connu du grand public, qui a introduit des moyens de créer des œuvres collectives (comme le célèbre cadavre exquis) et qui continue d’inspirer nos contemporains.
Lors d’un atelier, on va passer par les 4 étapes de la méthode pour construire une œuvre commune à partir de cette thématique en utilisant des outils simples (collage, dessin…). A chaque phase, on vous fait découvrir des mécanismes de pensée spécifiques illustrés par des artistes contemporains qu’on trouve particulièrement intéressants, par exemple Jean-Michel Alberola, David Lynch, Gerhard Richter, Clément Cogitore, Annette Messager…
Si à la fin vous avez découvert de nouvelles manières de voir le monde et l’art contemporain, alors on aura réussi !
Vous souhaitez en savoir plus sur nos ateliers d’Art Thinking ?
Contactez-nous par email : hello@le-paon.com
Vous souhaitez en savoir plus sur le travail d’Alice Vasseur ?
→ Site internet : https://alicevasseur.com/
→ Instagram : @alicevasseur