Abstraction méditerranéenne
Rencontre avec Anaïs Vindel

Anaïs Vindel est une artiste pluridisciplinaire, qui travaille tant bien la linogravure, la peinture aérographe ou la tapisserie. Elle déploie un univers aux formes douces et aux accents du Sud qui tend à l’abstraction.
Le PAON : Bonjour Anaïs ! Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?
Anaïs : Je m’appelle Anaïs Vindel, j’ai 29 ans, je viens de Bordeaux et je suis une artiste plasticienne. Quant à mon parcours, j’ai eu un enseignement artistique depuis petite par ma maman. C’est elle qui m’a enseigné le dessin et m’a initiée à l’art. J’ai toujours su que je voulais faire ce métier. Après le baccalauréat, j’ai commencé à m’orienter vers le milieu artistique. J’ai fait un bref passage en histoire de l’art mais je me suis rendue compte que ma place était davantage dans un endroit où je pouvais produire. Je suis allée en prépa puis dans une école de design graphique, que j’ai adoré. Mais je n’avais toujours pas envie d’être derrière un ordinateur. J’avais envie d’essayer des approches expérimentales donc j’ai décidé d’être autodidacte. C’est lors de mon voyage en Australie que j’ai décidé de me lancer en tant qu’artiste indépendante. Aujourd’hui ça fait 1 an et demi que ma maison est aussi mon atelier et que je vis pleinement de mon art.
Quels sont tes sujets de prédilection ?
J’ai des origines lointaines grecques et chypriotes, et sans le vouloir ça a vraiment influencé mon univers. Je suis une grande passionnée de la période hellénistique et aussi de modèle vivant. J’ai commencé à dessiner des corps de femmes, puis ça a glissé vers l’abstraction. Les courbes sont devenues des amphores et les amphores sont devenues une ode à la méditerranée. L’amphore à une grande signification pour moi, c’est ma signature. J’habite à Bordeaux, l’amphore c’est aussi là où vit le vin. C’est un clin d’œil à mes racines et mon enfance.

Quels supports et médiums utilises-tu principalement ?
J’utilise des médiums variés, la linogravure, la tapisserie murale et aussi la peinture aérographe. Je n’ai pas de médiums préférés parce que je n’aime pas me limiter. Mon processus fonctionne ainsi : J’ai une idée d’œuvre très précise en tête et ensuite je choisis quel médium va au mieux correspondre pour le rendu.
Quel rapport as-tu à l’art abstrait ?
J’aime énormément le figuratif, notamment de la Renaissance et je suis aussi passionnée d’œuvres très abstraites. C’est totalement différent mais je trouve que ça se mélange très bien. Il y a quelque chose d’intemporel et de magique dans l’abstrait où le spectateur peut inventer sa propre signification. En tant que peintre, l’abstrait me permet une certaine liberté, parfois des surprises pendant le processus de séchage qui me plaisent et rajoutent encore davantage à l’affect que je porte à l’œuvre.
Qu’est-ce que tu aimerais qu’on ressente à la vue de tes tableaux ?
Du bonheur et du voyage. J’ai une envie de satisfaire l’inconscient des gens. Je cherche une harmonie dans les couleurs et dans les courbes, pour qu’en tant que spectateur ça fasse du bien. Mes œuvres sont aussi une retranscription de souvenirs de voyages et j’ai envie qu’elles soient une fenêtre vers l’extérieur dans l’intérieur des gens. On n’est pas toujours amené à sortir de chez soi et je trouve ça important d’avoir des petites bribes de choses qui nous font du bien à l’intérieur de chez nous. C’est aussi là le pouvoir de l’art, de pouvoir amener des choses chez soi qui vont avoir un impact au quotidien.


D’où vient cet amour pour les couleurs chaudes que l’on retrouve dans tes œuvres ?
C’est une palette avec laquelle je me sens très à l’aise, les couleurs ocres ou terreuses parce que c’est une retranscription de matériaux naturels. J’aime beaucoup la céramique même si je n’en fais pas. Ces couleurs et ces textures qui ressemblent à de la pierre, à de la terre, à des matériaux naturels me permettent d’avoir le sentiment de sculpter le papier.
Quelles sont tes sources d’inspiration au quotidien ?
J’ai un quotidien très introspectif. Je passe beaucoup de journées à travailler sans sortir, alors j’essaie de me nourrir de choses simples comme mon jardin, de la musique, des livres. J’ai un livre de la céramiste Valentine Schlegel que j’aime beaucoup et qui m’inspire aussi qui s’appelle “Je mange, je dors, je travaille”. Je me suffit de mon cocon pour produire.
Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?
Actuellement je produis ma série qui s’appelle “Mon jardin”, autour de la fleur. J’aborde diverses choses, notamment le printemps qui est ma saison préférée. Je trouve qu’il s’y passe toujours des choses fantastiques humainement, des rencontres et des émotions que j’évoque dans cette série.


Quel est le dernier artiste en date à avoir fait chavirer ton cœur ?
J’ai eu un gros coup de cœur sur les réseaux sociaux pour Elvira Solana, qui est architecte et artiste et qui fait des fresques sublimes. A mes yeux, elle possède le parfait mélange entre une certaine abstraction et la peinture plus classique, de l’Antiquité.

Elvira Solana
Et ceux qui t’on toujours inspirée ?
Je suis très inspirée par la sculptrice Valentine Schlegel, la peintre Helen Frankenthaler, Matisse, Brancusi ou encore Isamu Noguchi.

Valentine Schlegel

Isamu Noguchi
Tu proposes prochainement un atelier de linogravure au PAON, que va-t-on y apprendre ?
J’avais très envie de vous proposer un atelier de linogravure parce que c’est accessible à tout le monde. Tout au long du cours on va apprendre le processus global et l’objectif c’est qu’ensuite à la maison, les élèves du PAON puissent faire autant d’œuvres qu’ils le souhaitent de façon très simple. D’abord on va chercher des choses qui nous inspirent en termes d’image pour les décalquer et les recalquer sur la plaque de linogravure. Ensuite on va apprendre la gravure du lino et la technique d’impression pour aboutir à une œuvre finale qu’ils pourront accrocher fièrement chez eux.
Retrouvez Anaïs pour un cours de linogravure en ligne : S’initier à la linogravure