Cultiver l’onirisme

Cultiver l'onirisme

Dans les papiers de Sabatina

Crédit photo : Sabatina Leccia

Sabatina Leccia est une artiste transdisciplinaire, aux inspirations oniriques. Elle pratique la broderie et nous parle de la manière dont elle l’a emmenée vers de nouveaux horizons…

Le PAON : Bonjour Sabatina ! Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Sabatina : J’ai toujours su que je voulais aller vers une filière artistique. Dès 15 ans, j’ai choisi l’option arts plastiques, puis j’ai fait trois ans d’histoire et d’archéologie… mais le besoin de créer avec mes mains persistait. 

Après ma licence, je me suis inscrite en école de mode, où il y avait une matière broderie qui me plaisait beaucoup et m’a orienté vers le textile. J’ai fait mon master à la Central Saint Martins College de Londres, qui avait une manière d’aborder le textile très innovante et avant-gardiste. À partir de cette période-là, j’ai commencé à créer des œuvres qui mélangent des encres et de la broderie. Lorsque je suis rentrée à Paris j’ai travaillé dans la haute couture en créant mes œuvres en parallèle. C’est en 2015 que je me suis installée à mon compte, quand une galeriste m’a repérée pour exposer mes œuvres. Au gré des projets et des rencontres, ma pratique a évolué de la broderie vers le papier. Il n’y a plus de fil mais je continue à utiliser des aiguilles, et j’aborde les deux médiums avec le même processus de création. 

Tu es pluridisciplinaire dans ton approche et tu explores des médiums différents. Quels supports et méthodes utilises-tu principalement ?

Mes études m’ont appris à ne pas m’enfermer dans quelque chose et à être toujours dans l’expérimentation. J’ai commencé en mélangeant des encres et de la broderie sur du tissu, mais je voulais essayer d’autres médiums pour avoir une approche moins conventionnelle. J’ai brodé sur des sacs plastiques grâce à une résidence en Estonie. Également sur du calque et du papier avec Alix Waline, qui sont des matériaux très fins et intéressants. Les collaborations que je fais me nourrissent et m’ouvrent à essayer de nouvelles approches. En ce moment je collabore avec une photographe, je perce sur les photos et crée un travail d’effet de matière. Les rencontres alimentent la diversification de ma pratique.

Quelles sont tes sources d’inspiration au quotidien ?

Je suis très inspirée par les formes organiques, les nuages. Je lève souvent la tête pour regarder ces formes vaporeuses. Les accidents peuvent m’intéresser, comme c’est le cas des trottoirs complètement fissurés par exemple. De manière générale, ce qui est organique ou accidentel m’inspire.

Ressens-tu parfois le syndrôme de la page blanche ?

Ça m’arrive rarement, mais j’en ai comme tout le monde. Le meilleur moyen pour moi de combattre la panne, c’est de commencer à expérimenter des choses, et parfois accidentellement, ça donne des idées. Mes toutes premières œuvres étaient accidentelles. De l’encre s’est renversée sur mon tissu et j’ai eu l’idée de l’agrémenter de broderie.

Quels sont les sujets que tu aimes travailler ?

Ceux axés sur le rêve et l’évasion, ce sont des thèmes qui m’habitent. Quand je me promène, j’arrive facilement à m’ouvrir un monde imaginaire et je travaille des formes assez abstraites pour les retranscrire avec poésie.

Tu collabores beaucoup avec Alix Waline, que l’on connaît aussi. Peux-tu me parler de votre pratique ?

On a commencé à collaborer en 2015 avec Alix. Depuis, on a fait des séries de dessins sur du tissus, une série qui s’appelle “les paradis perdus” où je brodais sur du calque, puis on s’est tournées vers des plus grands formats. 

On travaille en pointillisme et on alimente le travail l’une de l’autre. On a une approche similaire et complémentaire. C’est assez fluide dans la pratique, on se fait confiance mutuellement. J’interviens en broderie sur son dessin de manière très libre pour mettre en lumière certains motifs qu’elle crée et elle,  de même.

Tu proposes prochainement un cycle de deux ateliers pour explorer les effets de matière du papier, que va-t-on y apprendre ?

Cet atelier ne demande pas de technique particulière, ce qui le rend accessible. Je trouve ça très intéressant de voir ce qu’on peux faire comme formes, comme textures, comme composition et comme jeu de lumière également, juste avec une ou deux aiguilles et des feuilles de papier vierges. On peut créer des œuvres très riches simplement par l’expérimentation.

Qu’est-ce qui te plait dans le fait d’animer des ateliers avec le PAON ?

Je propose une technique, je montre mon univers et je suis toujours fascinée de voir comment les gens s’en emparent et le transforment à leurs façons. Cette diversité des résultats est très étonnante et enrichissante.

Des conseils pour toutes les personnes qui n’osent pas se lancer ?

Avec des choses très simples, on peut arriver à de très beaux résultats. Le point de broderie avec lequel j’ai fait toutes mes œuvres, est le premier point de broderie qu’on apprend. C’est la manière dont on l’associe à des tâches d’encres par exemple, qui crée un résultat. Je pense qu’il ne faut pas avoir peur de l’échec ou de l’erreur car au contraire parfois les accidents amènent sur des pistes beaucoup plus intéressantes que la technique peut le faire.

Retrouvez Sabatina Leccia pour « Explorer le papier pour créer une oeuvre originale » à travers deux ateliers en ligne. Tous niveaux !

Margaux Le PAON

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