Dessiner en ligne

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Rencontre avec Bleg

Le PAON : Bonjour Bleg ! Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Bleg : Bonjour, j’ai 27 ans et je suis d’origine bretonne. Je suis arrivé à Lyon pour  mes études d’ingénierie et d’architecture. J’ai commencé à construire ma culture artistique au collège, c’était mon passe-temps !  Je n’ai jamais fait d’école d’art ou suivi de cursus artistique. Pendant mes études, j’ai mis en pause ma pratique du dessin et ce n’est que quelques années plus tard, quand je suis partie en Erasmus en Italie, que le dessin est revenu et j’ai pris ça plus sérieusement. A ce moment-là, j’ai commencé à beaucoup produire et à faire des expérimentations : j’ai testé plein de choses ! Étant architecte, je suis passionné par les courbes, par les lignes et par les parallèles. Puis j’ai commencé à utiliser les marqueurs à pointes épaisses et ça m’a permis de faire une ligne lisse et homogène, quelque chose de très graphique et ça m’a beaucoup plu ! C’est là que tout à commencé.

Quelles sont tes sources d’inspiration au quotidien ?

Je dirais que je m’inspire principalement du travail d’autres artistes. Je consomme énormément : que ce soit par le biais d’expos, d’internet, d’Instagram, dans la rue et dans les musées. Plus jeune, j’ai été bercé par le cubisme et le surréalisme. Ensuite, ado, plutôt par le monde du street art et des graffitis. C’est à ce moment que j’ai commencé à dessiner. Je m’inspire aussi beaucoup de musiques, de films et même d’ambiance de vie de manière générale. Par exemple, j’ai toujours un carnet de croquis avec moi : je croque ce que je vois et ça devient une sorte d’abstraction du paysage qui se trouve en face de moi. On en perd les repères photographiques et donc je capte toutes les lignes que je peux voir autour de moi

Le travail de Picasso m’a également toujours beaucoup inspiré : je m’amuse à le déconstruire et à l’épurer, à ma manière.

Ressens-tu parfois le syndrome de la page blanche ?

Honnêtement ? Très rarement ! Si je n’ai pas d’idée qui me vient, je me mets à ma table de travail et je trace des lignes. J’ai une manière très automatique de travailler : j’ai des règles et des lignes que j’utilise à l’infini sans avoir toujours besoin de ce boost créatif.  La plupart du temps, c’est juste du travail : je me pose et me lance sans savoir ce que je vais faire .

Quelles techniques utilises-tu ?

Il faut savoir que j’utilise très peu de crayons !  En général, je fais souvent des petits croquis que je gribouille rapidement pour mettre mon idée au clair puis je traduis le tout sur l’Ipad avant de terminer sur Photoshop et sur Illustrator pour avoir un travail plus abouti.

Quels supports et méthodes utilises-tu principalement ?

Je travaille surtout au marqueur et au pinceau brosse avec de l’encre. Pour ce qui est du support, je dessine surtout sur du papier, c’est plus facile à stocker : je peux faire 20 pièces par jour sans devoir investir dans l’immobilier ou changer d’atelier ! Il m’arrive aussi de travailler sur mur, ce qui me permet d’élargir et d’agrandir mes dessins préalablement faits sur papier car je conçois tout sur papier et après je reproduis ça en grand. J’utilise aussi de la toile, mais plus ponctuellement, pour des commandes ou des expos par exemple.

Quels sont tes sujets de prédilection ?

Lorsque je me mets à mon bureau pour dessiner, je laisse aller mon imagination. A ce moment précis, je n’ai encore aucune idée de ce que je vais créer.

Ce qui est certain, c’est que ce n’est jamais abstrait, malgré ce que l’on peut penser au premier regard. Souvent, je pars d’un profil ou d’un corps, et je laisse l’histoire de ce personnage s’écrire, comme si je regardais l’histoire se dessiner sous mes yeux, petit à petit. J’aime bien dire que je pars de “mon vocabulaire visuel » pour “écrire” des poèmes visuels.

J’aime beaucoup travailler les ambiances nostalgiques, mélancoliques : je suis très sensible à la “jolie tristesse”.

Pourquoi as-tu choisi de travailler au marqueur ?

Le marqueur, ça a vraiment été un gros coup de coeur pour moi ! Techniquement, il me permet de faire une ligne très propre très rapidement, aucun remplissage, juste un tracé et c’est ça qui m’intéresse en dessinant des lignes, que ce soit rapide et précis. Aujourd’hui j’utilise aussi beaucoup le pinceau brosse qui me donne le même rendu en terme de ligne : 1 coup=1 tracé, pas de reprise, c’est instantané, c’est brut et c’est ça qui me plait. Je cherche à aller à l’essentiel.

Qu’est ce qui t’a donné envie de professionnaliser ta passion en parallèle de ton métier d’architecte ?

Je dirais que c’est de passer d’une activité secondaire à une activité qui prend de plus en plus de place. Au fur et à mesure, je me suis rendu compte que ça pouvait intéresser et toucher des gens, les rendre “heureux” au moins pendant quelques secondes !

Qu’est-ce qui te plait dans le fait d’animer des ateliers avec le PAON ?

Au début, je me demandais ce que je pouvais apprendre aux gens car en soi, tout le monde peut utiliser un marqueur. Puis je me suis lancé en me disant que c’était une occasion d’analyser mon propre travail par le fait de devoir l’expliquer. En commençant à donner des cours pour le PAON, je me suis rendu compte de tout mon cheminement de pensées et celui de mon travail : j’ai pu déconstruire mon propre travail bloc par bloc !

Puis le fait d’avoir le retour des gens après les cours, de voir les personnes contentes du moment passé ensemble ou de leur création, c’est vraiment génial, j’ai l’impression de transmettre quelque chose d’utile.

Des conseils pour toutes les personnes qui n’osent pas se lancer ?

Le conseil principal que j’ai envie de donner c’est de ne pas avoir peur de se tromper et de ne pas se dire “je ne suis pas prêt » ou encore “j’ai pas tout le matériel nécessaire”. Par exemple, les premiers dessins que je postais sur Instagram, je les faisais sur des feuilles d’imprimante avec un posca à 2 euros. J’étais pas vraiment toujours fier de ce que je faisais mais je le faisais quand même et c’est aussi comme ça que j’ai pu progresser. Alors foncez !

Retrouvez les replays des deux ateliers du cycle « Entre les lignes » de Bleg !

Margaux Le PAON

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