Rencontre avec Maïté Franchi

Une illustratrice aux couleurs pop

Maité Franchi

Si elle a commencé en dessinant sur son petit carnet pendant son temps libre, c’est maintenant en illustratrice freelance que Maïté travaille : de Microsoft à Barilla, en passant par Netflix ou Guerlain, elle met son style bien à elle au service d’univers variés. Curieuse de tester de nouvelles techniques, elle s’inspire de ce qu’il l’entoure pour réaliser des compositions toujours plus travaillées et colorées.

Le PAON : Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Maïté : J’ai étudié à l’EPSAA, une école d’art graphique à Ivry. J’ai ensuite commencé en tant que directrice artistique à Paris, pendant 8 ans, avant de me mettre en freelance pour travailler sur de nouveaux projets. Il y a 6 ans, j’ai pris la décision de partir vivre à Lyon, et c’est à ce moment-là que je suis devenue illustratrice à plein temps !

Quelles sont tes sources d’inspiration au quotidien ?

Je dirais que ma première source d’inspiration, c’est le monde qui m’entoure : je prends des notes tout le temps, surtout quand je marche. En marchant, j’ai beaucoup d’idées, je réfléchis, je fais des mini croquis… Par exemple, je prends en photos des scènes dans les transports, je prends aussi les gens et leur tenue. Et comme j’aime aussi beaucoup travailler la food, je m’inspire en me promenant au marché !

Quels sont tes sujets de prédilection ?

Ce que je préfère, c’est raconter une histoire. Je prends des personnages et je leur trouve un prénom, je leur donne vie en quelque sorte ! 

J’adore aussi travailler les couleurs, les formes, les compositions.  A chaque nouvelle réalisation, je décide ce que je vais en faire et j’essaie de ne pas faire la même chose : si je dessine deux citrons, j’essaie d’en faire deux différents.

La plupart du temps, je travaille avec des marques, que ce soit pour leurs packagings, leurs sites web ou encore pour des magazines !

Illustration de Maité Franchi

Quelles techniques utilises-tu ?

Il faut savoir que j’utilise très peu de crayons !  En général, je fais souvent des petits croquis que je gribouille rapidement pour mettre mon idée au clair puis je traduis le tout sur l’Ipad avant de terminer sur Photoshop et sur Illustrator pour avoir un travail plus abouti.

Comment exprimes-tu ta créativité ?

C’est très simple, je suis toujours en train de faire quelque chose… voire deux ! Par exemple, quand je regarde un film, je tricote en même temps. J’adore me nourrir de techniques et de pratiques différentes, ça me permet de tester plusieurs choses. Ce que je préfère, ce sont les pratiques manuelles comme le tissage, le tricot, le découpage, les perles… Mes mains doivent toujours être occupées !

Qu’est ce qui t’a donné envie de devenir artiste et d’en faire ton métier ? 

Quand j’étais petite, je dessinais beaucoup : j’avais envie d’être dessinatrice de bande dessinée ! Mais arrivée au collège, la conseillère d’orientation m’a dit que ce métier n’existait pas. Je m’imaginais un cercle très fermé avec 10 élus qui dessinaient des BD pour le monde entier. Je me suis donc fait une raison et j’ai changé pour maîtresse. Plus tard, ma mère m’a emmenée à un salon d’art graphique et c’est à ce moment-là que j’ai eu un déclic, une révélation ! J’ai fait une prépa d’arts plastiques puis j’ai poursuivi des études en arts graphiques. 

Si on m’avait dit un jour que je serai illustratrice, je n’y aurais pas cru !  C’est vraiment quand j’ai emménagé ici à Lyon que j’ai eu cette opportunité et que j’ai commencé à faire ça à 100%.

Qu’est-ce qui te plait dans le fait d’animer des ateliers avec le PAON ?

Ce sont les rencontres qui m’ont guidées tout au long de ma vie. Alors, si moi aussi je peux transmettre quelque chose, à ma manière,  c’est génial ! Ce qui est encore plus intéressant dans le fait de donner un cours artistique, c’est que chacun a une interprétation et une manière de voir les choses différentes. Personnellement, j’adore voir les résultats de toutes les créations !

Des conseils pour toutes les personnes qui n’osent pas se lancer ?

On parle souvent du syndrome de l’imposteur, et j’en souffre aussi. Mais je pense qu’il faut passer outre ce ressenti et prendre plus de recul, voir la pratique artistique de manière plus cool et sans pression. On devrait tous considérer ça comme une expérience bonus et arrêter de nous mettre la pression à nous-même car non, le Louvre ne nous attend pas pour exposer notre œuvre dans deux heures ! Donc comme conseil, je dirais “lancez-vous et croyez-y ».