Moments suspendus en couleurs

Moments suspendus en couleurs

Rencontre avec Mathieu Pauget

Mathieu Pauget, artiste pluridisciplinaire, oscille entre rêve, réalité et moments suspendus dans ses paysages montagneux, ses eaux troubles et ses intérieurs étranges mais toujours colorés. Aujourd’hui Mathieu lève le rideau avec nous sur sa pratique !

Le PAON : Bonjour Mathieu ! Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Mathieu :  Je m’appelle Mathieu Pauget, je suis né en 1989 à Lyon. Je suis passé par un Bac STA appliqué, j’ai fait une année préparatoire aux ateliers de Sèvres, et j’ai étudié aux Arts Décoratifs de Paris en images imprimées pendant 5 ans. Par la suite, j’ai monté avec 2 amis un atelier de gravure et sérigraphie  qui s’appelait L’atelier CO-OP pendant 3 ans et je l’ai quitté pour continuer ma pratique du dessin et de l’illustration pour laquelle j’ai eu le prix Jeune Talent en 2017. Depuis, je continue ma pratique du dessin, et j’expérimente d’autres disciplines à côté comme l’animation par exemple.

Quels supports et médiums utilises-tu principalement ?

Avant, je faisais beaucoup de sérigraphie et de gravure dans mon atelier. Je faisais les typographies à la main donc ça me permettait d’expérimenter des textures. A côté je m’essayais à la gouache, aux collages puis aux crayons de couleurs. Le feutre est arrivé assez tardivement dans ma pratique. J’ai eu un enfant et les délais pour dessiner se sont réduits donc le feutre m’a permis d’aller à l’essentiel et de trouver des formes et des couleurs plus rapidement. Ce qui m’intéresse c’est de pouvoir avoir des textures, de repasser plusieurs fois dessus et de créer des superpositions de couleurs.

Quels sont tes sujets de prédilection ?

Les paysages m’amusent beaucoup, notamment les montagnes et les reflets d’eau. J’aime les atmosphères de montagnes et les couleurs qui s’en dégagent. Je n’arrive pas toujours à saisir la subtilité des reflets d’eau, donc je dérive vers l’abstraction pour les interpréter. Et j’essaie de mettre une personne en scène, en situation. J’aime l’instant T et j’ai envie que les gens se posent la question de qu’est-ce qui s’est passé avant ou après cette scène là. Ensuite je crée mon décor, en intérieur ou en extérieur.

Quelles sont tes sources d’inspiration au quotidien ?

Je fonctionne beaucoup à partir de mises en scène d’artistes comme Guy Bourdin ou Helmut Newton. Je passe aussi du temps à ouvrir des bouquins, prendre des images et m’en faire une sorte de scrapbooking mental d’inspiration. J’ai une bibliothèque de références iconographiques, composée d’images qui me parlent pour des raisons que je n’identifie pas toujours.

Publicité de Charles Jourdan pour les chaussures « Barbarella ». Photographié par Guy Bourdin.

As-tu un endroit préféré pour travailler ?

Je dessine sur le vif mais c’est assez contraignant de devoir se déplacer et de réunir les bonnes conditions. Je n’hésite pas à prendre des photos lors de mes randos par exemple ou des photos dont la composition m’intéresse. Aussi, je dessinais beaucoup d’imagination et c’est une chose à laquelle j’aimerais revenir.

Quel rapport as-tu à la réalité et à l’onirisme dans ton art ?

Je dessine des sujets assez réalistes. Auparavant,  j’utilisais la texture et la forme pour les réinventer. Aujourd’hui, c’est la couleur et les contrastes simultanés qui me permettent de tendre vers des univers oniriques à partir de scènes tout à fait réalistes. 

Quels artistes t’inspires le plus ?

En ce qui concerne le dessin, il y en a beaucoup. Je peux citer l’illustrateur Zephyr, Yann Kebbi, ou encore Lucile Piketty.

Lucile Piketty, Les gardiennes, 2020. Huile sur toile, 146 x 114 cm.

Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?

Je vais avoir une exposition aux mirettes à Marseille avant la fin de l’année, normalement courant novembre. En 2024, il y a des chances que je sois aussi à la Slow Galerie. Et j’ai le projet de faire un court métrage d’animation que je réalise et que je dessine.

Tu proposes prochainement un atelier pourS’ouvrir à la couleur en dessinant des paysages aux feutres au PAON, que va-t-on y apprendre ?

Pendant ce cours je vais essayer d’apprendre aux élèves comment regarder une image qui a l’air banale ou qui a l’air “moche” et tenter d’en extrapoler des choses intéressantes, que ce soit au niveau des couleurs ou du cadrage pour réenchanter ces photos. Essayer d’appréhender la façon dont on ressent un paysage. Je suis passionnée par la théorie de la couleur, et ça m’intéresserait de transmettre comment on arrive avec des contrastes simultanés et le choix des couleurs à exprimer des choses. Si on aboutit à cette compréhension à la fin de l’atelier, c’est déjà bien.

Retrouvez l’atelier de Mathieu Pauget en replay, S’ouvrir à la couleur en dessinant un paysage aux feutres

Margaux Le PAON

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