Des images plein la tête

Rencontre avec Pamela Carbonell

Pamela Carbonell est une artiste spécialisée dans le collage. Elle crée des compositions surréalistes, notamment pour des marques. Elle nous parle de l’importance des émotions dans son travail et comment le collage permet de stimuler son imagination.

Le PAON : Bonjour Pamela ! Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Pamela : Je m’appelle Pamela Carbonell, j’ai 33 ans et je suis née à Quito en Equateur. J’ai fait un bachelor en design d’intérieur, puis j’ai décidé de faire un master et une spécialisation en communication visuelle et graphisme à Milan, en Italie. J’ai commencé à travailler en tant que graphiste dans une agence italienne. Trois ans plus tard, j’ai déménagé à Paris et cela fait maintenant 7 ans que j’habite en France. J’ai travaillé chez Sisley Paris pendant 4 ans en tant que graphiste et direction artistique. Cette expérience m’a beaucoup appris, notamment le travail collaboratif entre les entreprises et le monde de l’art. Les artistes collaborent beaucoup avec les marques, et j’avais envie moi aussi de le faire. A la fin de 2020, j’ai quitté mon poste pour poursuivre ma passion de l’art et du collage. J’ai commencé à partager mes créations sur les réseaux sociaux et c’est cela m’a permis de faire des collaborations avec des marques avec des visuels créatifs et colorés.

Je suis ouverte à tout type de marque. Le collage est une technique qui s’adapte à tout type d’univers, de services et de produits. Je ne me limite pas qu’à un seul type de collaboration.

Tu pratiquais le collage depuis toute petite, est-ce une technique que tu as redécouverte ?

Quand j’avais 6 ans, j’ai gagné un concours national pour Nestlé en Equateur. C’était ma première collaboration artistique. J’avais fait un dessin un peu surréaliste. A partir de ce moment-là, j’ai pris conscience de ma créativité. Dès lors, je touchais à tout et j’ai expérimenté de nombreux médias : peinture, aquarelle, céramique… Cependant, je n’ai jamais pris un cours de collage. Le collage, c’était juste pour moi. C’était loin des arts plastiques et des cours que je prenais. J’ai commencé à pratiquer dans un journal, je collais des souvenirs et j’écrivais mes émotions. Le collage a toujours été là, sans que je m’en rende compte. C’est plus tard que j’ai appris que le collage était une véritable pratique artistique !

Pamela Carbonell artwork

Comment décrirais-tu ton univers ?  

Je pense que mon univers représente ce que j’aime. Il évoque la créativité et transmet des émotions. Le spectateur ne voit pas forcément la même chose que moi dans une œuvre et je trouve ça très intéressant. De cette façon, on peut créer des univers, les revisiter et qu’ils évoquent autre chose. En quelques mots, je dirais de mon univers qu’il est créatif et coloré !

Comment choisis-tu tes palettes de couleurs dans ton travail?

Pour moi, le collage est une technique en connexion avec mes émotions. Si je me sens dynamique, je peux créer des projets plus colorés, plus vifs. Je laisse ma vie quotidienne m’inspirer et influencer mes créations. Quand je suis d’humeur nostalgique, les couleurs qui viennent sont moins fortes, plus neutres. Les couleurs sont intimement liées à mes émotions et j’aime pouvoir les transmettre dans mes créations.

Comment procèdes-tu à l’élaboration d’un nouveau collage ?

Tous les jours, il faut être présent dans sa pratique artistique. La question qui se pose, c’est comment trouver l’inspiration, dans ce cas ? Pour moi, la façon de se reconnecter à moi-même c’était en passant par l’écriture. J’ai découvert que ça me permettait de me canaliser, et de me mettre sur la même fréquence que mes émotions. C’est très important, car en saisissant l’émotion, je peux la transmettre. L’écriture me sensibilise, c’est une étape d’échauffement. C’est comme ça que j’arrive à créer une énergie dans mes pièces et qui peut être reçue par les personnes. Ce moment d’écriture peut prendre la forme d’un journaling, mais parfois, je me demande juste comment je me sens aujourd’hui. Sans jugement. C’est un moment méditatif, un moment pour soi, et une véritable source d’inspiration. 

Pamela Carbonell artwork

Où trouves-tu tes papiers pour le collage ?

Je suis toujours en alerte des papiers qui se trouvent autour de moi. Cela peut être dans les magazines, des livres vintage, des souvenirs, des textures. La recherche pour mes créations est en constante activité. Je peux acheter ou récupérer. J’ai une bibliothèque de papiers chez moi car j’aime vivre avec ces papiers, ils m’inspirent pour d’autres créations.

Quel matériel est requis pour pratiquer le collage ? 

Il existe plusieurs types de techniques au sein du collage, mais le collage en lui-même ne requiert que du papier et de la colle. On colle du papier, mais on peut également utiliser du tissu, du carton ou autre matériel. L’assemblage permet d’assembler des objets plus épais, de faire du mixed medias, ou du relief. Personnellement, je ne mets pas de limitation à ma créativité. Concernant le format, on peut travailler sur papier, sur du carton et sur tous les formats possibles : du très grand au plus petit. 

Pour couper, on a trois éléments importants : les ciseaux, un cutter, et les mains. Les gens oublient souvent que les mains sont un outil très important pour apporter de la texture et du dynamisme aux créations.

As-tu des artistes références ou des sources d’inspirations extérieures ?

J’adore le monde artistique. Parmi mes artistes préférés, on retrouve Matisse que je considère comme un génie artistique, et Frida Kahlo. Sa féminité, son rapport aux émotions et la force de ses pièces m’inspirent beaucoup, bien que son histoire soit très triste. 

Pamela Carbonell artwork

Sur quel projet travailles-tu en ce moment ?

En parallèle des ateliers que j’anime, il y a deux projets sur lesquels je travaille en ce moment. L’un avec une marque avec qui j’ai déjà travaillé et une autre avec qui j’ai toujours rêvé de collaborer, tous les deux prévus pour l’été 2024. 

A côté de ça, je fais toujours en sorte d’avoir du temps pour ma pratique personnelle.

As-tu un conseil à donner aux élèves du PAON ?

C’est important, en tant qu’artiste, de nourrir son art. Il faut se considérer comme un apprenti, toujours à même de découvrir et d’expérimenter de nouvelles choses. Pour moi, c’était important de découvrir la pratique artistique qui me correspondait vraiment. L’important, c’est d’expérimenter. Le résultat vient après, mais il ne doit pas être attendu, car c’est la pratique qui est essentielle.

Tu animes bientôt un atelier en ligne au PAON, “Stimuler son imagination par le collage”. Que va-t-on pouvoir y apprendre ?

On va apprendre à être en connexion avec ses émotions et la vie qui nous entoure pour stimuler l’imagination et créer une pièce artistique et inspirante en utilisant le collage. Ce cours vous apprendra à lâcher prise, à vous déconnecter et bénéficier d’un moment pour vous et votre créativité tout en apprenant une technique artistique libératrice.