Prêt, feu, pARTez !

Le 8 mai prochain, la flamme Olympique arrivera à Marseille. Vous vous demandez peut-être : mais quel rapport avec le schmilblick ? Au risque de vous surprendre, il fut un temps où la peinture, la sculpture et l’architecture figuraient parmi les disciplines médaillées aux Jeux olympiques ! Mais encore plus important pour nous : le sport a eu un rôle important dans la naissance du PAON, car c’est une analogie qui nous a beaucoup aidé à faire passer des messages clés autour de la pratique artistique :
- comme le sport, les pratiques artistiques permettent de se sentir bien dans ses baskets, et c’est prouvé par l’OMS
- comme le sport, on ne crée pas forcément pour le résultat, mais aussi et surtout pour se faire du bien, se défouler, prendre du temps pour soi, et du plaisir
- comme le sport, on ne naît pas bon en dessin, on le devient parce qu’on aime dessiner, et qu’on y dédie du temps pour s’améliorer.
Bref, on est tous plus ou moins sportifs sans être DES sportifs, et si on était tous, artistes ? Vous avez la ref ? On profite donc du lancement des Jeux Olympiques en France pour s’attarder un peu sur les liens entre deux domaines apparemment sans rapport : les arts plastiques et le sport. Prêt, feu, pARTez !
Bonne lecture !
Juliette
1 – Vos inspirations pour titiller vos sens…
Lecture complète en 5 min, résumée plus bas en 10 sec chrono
Ok le PAON, la balle est dans ton camp
Comme on ne change pas une équipe qui gagne, on va commencer par un petit détour historique sur les relations entre les arts et le sport. À ce sujet, on vous recommande chaudement cette conférence d’Haywone Forgione, historienne de l’art, pour la Fondation Orange, dont on vous résume quelques points clés ici :
Dans l’Antiquité, les artistes se doivent de révéler la perfection de l’athlète : idéalisation des proportions, attitude svelte et sportive, muscles saillants, un vrai concours de beauté, qui sera d’ailleurs repris à la Renaissance, pour exalter les valeurs humanistes.

À gauche : Discobole, d’après Myron, Ve siècle avant J.C – à droite : David, Michel-Ange, 1501-1504
À partir des XVIIIe et XIXe siècles, le sport, qui était d’abord réservé aux personnes de haut rang, commence à se populariser. Les artistes quant à eux se mettent en quête de réalisme et cherchent à exalter le mouvement. La chronophotographie développée par Muybridge permettent de l’étudier en le décomposant.

À gauche : Saut d’obstacle (Animal Locomotion), Eadweard Muybridge, 1872 – à droite : Le faux départ, Edgard Degas, 1860
Alors que l’art était plutôt au service du sport, le XXème siècle inverse la tendance avec des artistes qui s’emparent du sport pour le mettre au service de leur art, avec des interprétations très personnelles.

Baigneur s’apprêtant à plonger, Gustave Caillebotte, 1878
Le sport au service des impressionnistes : saisir l’instant

L’Équipe de Cardiff, Robert Delaunay, 1913
Le sport au service de l’orphisme : faire parler contraste simultané des couleurs

Dynamisme d’un cycliste, Umberto Boccioni, 1913
Le sport au service du futurisme : exalter le mouvement

Parc des Princes, Nicolas de Staël, 1952
Le sport au service de Nicolas de Staël : retenir l’essence d’un match de foot
Mais Le PAON, où sont les feeeeeeeemmes ?

Jacquelone Marval, Baigneuse en maillot de bain noir, 1920-23
Tu marques un point… En art comme en sport, les femmes sont bien longtemps restées sur la touche. Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, qui voit le développement des académies d’art privées, l’enseignement est entre les mains des membres de l’Académie royale de peinture et de sculpture. C’est au Louvre que les artistes dispensent leur cours à un petit cénacle : tous des hommes ! Les femmes sont exclues de ces enseignements, en tant qu’apprenties mais aussi en tant que modèles… Officiellement créée en 1816, l’École des beaux-arts n’accueillera les femmes qu’en 1897. Mais la mixité (et le rapport d’égalité) n’est pas pour tout de suite puisque les femmes sont regroupées dans des ateliers réservés à leur sexe.
Idem, sur le plan sportif, les hommes à l’origine des premiers clubs sportifs – notamment en Angleterre et en France au XIXe siècle – précisaient ouvertement, dans leurs statuts, que les femmes en étaient exclues. De même, Pierre de Coubertin, le célèbre rénovateur des Jeux Olympiques modernes, exclut les femmes des premiers JO. Ce n’est qu’en 1900 que les femmes ont été autorisées à participer aux Jeux olympiques pour la première fois, seulement dans les catégories du tennis sur gazon et du golf. Il a fallu attendre 2012 pour que les femmes soient autorisées à participer à la boxe, dernier sport olympique à les inclure.
Dis-donc, pas très fair play tout ça… Et maintenant ?
Heureusement dans les deux mondes, des femmes ont su réinventer les règles et nous faire avancer vers plus d’égalité. Dans les Culottées, Pénélope Bagieu dresse le portrait de certaines d’entre elles comme Tove Jansson, peintre, créatrice des Moumines ou Annette Kellermann pionnière de la natation féminine au début du XXe siècle.
Aujourd’hui, les artistes contemporain.e.s de tous genres continuent à s’emparer du sport pour créer des œuvres personnelles.

David Hammons, Basketball drawing, 200
David Hammons vit et travaille à New York depuis 1974, et ses expériences de cette ville ont influencé son oeuvre. Dans son travail, il invoque les sports de rue, le plus souvent la boxe et le basket-ball, très souvent associés aux afro-américains. Dans cette oeuvre, il fait rebondir la poussière de Harlem, grâce à des ballons de baskets enduits de pigments et dribblés sur la toile, pour remettre en question les hiérarchies et les modes de pensée.

Caroline Denervaud, Double V Gallery
Caroline Denervaud danse et peint. Peu importe dans quel ordre. Chaque composition immortalise la vitalité d’un moment passé à faire corps avec son support. Au sol, allongée à même la toile, l’artiste évolue sur une surface qui enregistre les rythmes. Les tracés retiennent quelques contours d’une présence humaine en train de se mouvoir, traduite en une géométrie sensible.
Bon et concrètement comment est-ce que je fais dialoguer art et sport en mai ?

Paris 2024, Affiche officielle réalisée par Ugo Gattoni
- En regardant la superbe affiche officielle des JO 2024
- L’exposition MATCH sur le sport et le design qui a ouvert la présentation officielle de ces Olympiades au musée du Luxembourg à Paris
- Les visites sportives de Mehdi Kerkouche au Louvre
- En participant à l’un des évènements de l’Olympiade culturelle, des centaines d’événements organisés partout en France (majoritairement en accès libre et gratuit) au croisement de l’art, du sport et des valeurs olympiques comme :
Trouvez les évènements près de chez vous en cliquant sur ce lien !
Merci le PAON, et pour la faire courte ?
- Longtemps, les arts plastiques ont accompagné les pratiques sportives en les révélant au monde.
- A partir du XIX et du XXe siècle, les artistes se sont emparés du sport pour proposer des interprétations très personnelles et des messages sociétaux.
- Les femmes ont longtemps été exclues de ces deux mondes avant de pouvoir s’en emparer elles aussi.
- Au mois de mai, les arts et le sports dialogueront dans des évènements organisés partout en France.
2 – Quelques ateliers pour muscler vos papilles créatives
-Le parcours créatif pour apprendre à dessiner le corps humain
3 – Votre digeo pour faciliter l’assimilation…
Répondez à ces quelques questions pour prendre du recul sur ce shot créatif :
- Et vous, quel rapport entretenez vous avec le sport, ou plus simplement avec votre corps quand vous créez ?
- Quelles expérimentations aimeriez vous tester à la lecture de ce shot créatif ?
- Que souhaitez-vous retenir de ce shot créatif ?
Bon mois de mai à tous !
L’équipe du PAON
Si vous voulez recevoir nos shots créatifs mensuels directement dans votre boite mail, c’est par ici !