6 artistes contemporains qui parlent du vide

Six artistes contemporains qui parlent du vide

Circulez il y a RIEN à voir

Parler du vide peut sembler… creux, voire inconsistant. Pourtant, certains artistes lui ont prêté beaucoup d’attention pour bousculer nos perspectives. Que ce soit à travers des œuvres épurées ou des performances un peu barrées, le vide dans l’art est bien plus qu’une absence : il est une présence puissante, un espace fertile pour l’imagination et la contemplation. Plongeons donc dans l’œuvre de six artistes contemporains qui ont vraiment bâti à partir… de rien.

John Cage : quand le vide devient musique

John Cage (1912 – 1992) est un compositeur, poète et plasticien américain, qui s’est illustré dans la musique expérimentale. 4′33″, son plus célèbre morceau, est souvent décrit comme “quatre minutes trente-trois secondes de silence”. Considérant que le silence est une véritable musique, le morceau est en fait constitué de sons de l’environnement que les auditeurs entendent ou créent lorsque le morceau est interprété. Sur la partition, chacun des trois mouvements est annoté TACET (“il se tait” en latin), qui est le terme utilisé dans la musique occidentale pour indiquer à un instrumentiste qu’il doit rester silencieux pendant toute la durée du mouvement.

Plus d’infos en regardant l’interprétation de l’œuvre de John Cage par William Marx au McCallum Theatre.

Rauschenberg : quand le vide remplace l’œuvre

En 1953, le futur grand artiste américain Robert Rauschenberg, alors âgé d’une vingtaine d’années, approche un prestigieux aîné : l’artiste expressionniste Willem de Kooning, considéré à cette époque comme le maître de l’avant-garde aux États-Unis. Il frappe à sa porte et lui demande timidement de lui offrir un dessin qu’il pourrait ensuite effacer. D’abord surpris, de Kooning finit par acquiescer et lui fait cadeau d’un dessin important dont il dira par la suite qu’il lui a beaucoup manqué. Rauschenberg efface et encadre le dessin effacé qui devient Erased de Kooning Drawing : Robert Rauschenberg 1953.

Plus d’infos dans l’épisode Erased de Kooning Drawing de la série de podcasts « Les œuvres d’art qui ont changé le monde »

Yves Klein : quand le vide fait carton plein

​​Yves Klein (1928-62), grand précurseur du happening farfelu, est un artiste français en quête d’immatérialité et d’infini. Sa fameuse exposition appelée très sobrement “La spécialisation de la sensibilité à l’état matière première en sensibilité picturale stabilisée » mais plus connue sous le nom d’exposition du vide a fait fort dans la provocation : derrière des vitres peintes en bleu, sa couleur fétiche, il invite les spectateurs à errer dans la pièce principale toute blanche de la galerie Iris Clert, à Paris. Plus de 2000 spectateurs passeront par cette salle vide de 20m2

Plus d’images dans cette vidéo

Marina Abramović & Ulay : quand le vide nous embarrasse

Après leur rencontre en 1974, les deux artistes entament une relation amoureuse et artistique forte, au travers de performances extrêmes et conceptuelles, comme Imponderabilia en 1977. Pour montrer l’importance primordiale des impondérables dans la détermination de la conduite des humains, le couple décide de se tenir nu, l’un en face de l’autre, à l’entrée de la galerie d’art moderne de Bologne. Si vous vouliez voir leur exposition, pas le choix, il fallait se faufiler dans l’espace vide étroit, entre les corps des deux artistes. Certains sont passés, voire repassés, d’autres se sont abstenus…

Sophie Calle : quand le vide laisse place au souvenir

Sophie Calle est une artiste contemporaine française, née en 1953, qui utilise la photographie et le texte pour interroger la disparition. Le 18 mars 1990, lors d’un vol de tableaux au musée Isabella Stewart Gardner de Boston, les cadres des peintures de Vermeer, de Flinck et de Rembrandt ont été abandonnés sur place, délimitant ainsi l’absence. L’artiste a demandé aux permanents du musée ainsi qu’aux visiteurs de lui dire ce qu’ils voyaient à l’intérieur des cadres, créant ainsi une nouvelle œuvre à partir… bah de rien !

Plus d’infos en courant voir l’exposition de Sophie Calle au Musée Picasso “A toi de faire ma mignonne”, jusqu’au 28 janvier 2024

Rachel Whiteread : quand le vide devient solide

Rachel Whiteread est une sculptrice britannique dont le travail consiste à mouler les espaces vides à l’intérieur d’objets banals du quotidien, cherchant ainsi à explorer la mémoire et l’absence des corps, offrir un nouveau point de vue sur le monde, et bousculer les perspectives. Parmi ses œuvres phares on trouve « House » , un moulage en négatif d’une maison populaire vouée à être détruite et remplacée par un parc.

Plus d’infos dans le podcast “Ça a commencé comme ça : Rachel Whiteread – Donner du corps au vide” 

Juliette FILIPPI

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